À partir de quelle concentration le glyphosate est-il toxique?

Herbicide à base de glyphosate, marque Roundup de Mosanto.

 

Seuil de concentration et toxicité du glyphosate

Le glyphosate est le principe actif de la gamme d’herbicides les plus utilisés par les particuliers, par les agriculteurs européens (céréales) et par les agriculteurs d’OGM (Maïs, soja, coton). L’agriculteur non bio, comme le jardinier et jusqu’au consommateur sont exposés sur des années à des doses variables de glyphosate (ou de résidus de glyphosate), la question de la concentration à partir de laquelle celui-ci doit être considéré comme toxique, se pose de façon évidente.

 

Qui et comment décide t-on des seuils de toxicité du glyphosate?

Les industriels de l’agrochimie et les organismes de réglementation affirment que les effets toxiques causés par le glyphosate et ses formulations commerciales (comme le Roundup) dans les études animales, ne sont pas fondés pour l’homme. Parce que nous ne sommes exposés qu’à des niveaux « sans danger » qui ne peuvent être source de risques décelables pour la santé humaine.

Les organismes de réglementation fixent des limites de sécurité pour l’exposition au glyphosate en se fondant sur les données des études de toxicité, menées par les industriels du glyphosate sur des animaux en laboratoire. Ces études de toxicité sont censées fournir des données sur les effets nocifs ou non sur les mammifères, le plus souvent des rats, dont la physiologie est semblable à celle des humains.

Les études de toxicité du glyphosate et des adjuvants qui lui sont associés sont effectués le plus souvent sur des rats, dont la physiologie est semblable à celle des humains.

Les études de toxicité du glyphosate et des adjuvants qui lui sont associés sont effectués le plus souvent sur des rats, dont la physiologie est semblable à celle des humains.

 

Les expériences à long terme sont basées sur des analyses de sang et d’organes et durent deux ans, soit environ les deux tiers de la durée de vie moyenne d’un rat. Les industriels de l’agrochimie, au premier lieu desquels Mosanto, effectuent différents essais selon des normes établies en consultation avec l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE, Biosafety at OECD, page 9), un organisme voué non pas à la santé publique mais à la facilitation du commerce international…

L'OCDE participe à l'élaboration des normes sanitaires concernant le glyphosate.

L’OCDE participe à l’élaboration des normes sanitaires concernant le glyphosate.

 

Les résultats de ces tests réalisés par les industriels, sont classés comme secrets commerciaux et tenus à l’écart du grand public et de la communauté scientifique. Ces résultats sont finalement présentés à des panels d’experts au sein d’agences gouvernementales ou d’agences de sécurité alimentaire (pour l’Union européenne).

Pour évaluer si une exposition constitue ou non un risque pour la santé humaine, un seuil de sécurité : appelé dose journalière admissible (DJA) est établi. La DJA est une estimation de la quantité d’une substance contenue dans un aliment ou dans l’eau potable, exprimée en fonction de la masse corporelle, qui peut être ingérée quotidiennement au cours d’une vie sans risque décelable pour la santé.

Les doses journalières admissibles (DJA) pour le glyphosate sont-elles pertinentes?

Les doses journalières admissibles (DJA) pour le glyphosate sont-elles pertinentes?

 

Pour le glyphosate, la valeur de la dose journalière admissible (DJA) diffère d’un pays à l’autre. Elle a été fixée à 0,3 mg par kg de poids corporel par jour (0,3 mg/kg p. c. /j) en Europe et à 1,75 mg par kg de poids corporel par jour aux États-Unis. Le calcul de la dose journalière admissible (DJA) est fondé sur la dose la plus faible considérée comme non toxique dans les essais sur les rats (parrainés par les industriels du glyphosate) : soit 30 mg par kg de poids corporel par jour .

Ces niveaux sont-ils sûrs? Il y a plusieurs raisons de douter de la validité de la DJA du glyphosate, dont les suivantes:

 

1. Les niveaux dits sûrs d’exposition au glyphosate n’ont jamais été testés directement afin de déterminer s’ils sont réellement sûrs à long terme. Au lieu de cela, les niveaux « sans danger » sont extrapolés à partir de doses plus élevées testées dans les études des industriels.

2. Tous ces essais de toxicité effectués à des fins réglementaires sont fondés sur le principe « La dose fait le poison », c’est-à-dire que plus la dose est élevée, plus le degré de toxicité est élevé. Toutefois, dans certains cas, de faibles doses correspondant à l’exposition humaine peuvent être bien plus toxiques que des doses plus élevées testées chez les animaux de laboratoire dans les études des industriels.

Ceci est particulièrement vrai pour les perturbateurs du système hormonal (Hormones and endocrine-disrupting chemicals: low-dose effects and nonmonotonic dose responses).

Les concentrations « sans danger » des perturbateurs endocriniens ne peuvent pas être extrapolées à partir d’effets révélés à des doses plus élevées.

Les résultats d’expériences in vitro (Glyphosate induces human breast cancer cells growth via estrogen receptors) et sur des animaux (Long-term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize) démontrent que le glyphosate à une action de perturbateur endocrinien à des concentrations autorisées dans l’eau du robinet des pays de l’Union européenne.

3. Une étude publiée dans Scientific Reports (Multiomics reveal non-alcoholic fatty liver disease in rats following chronic exposure to an ultra-low dose of Roundup herbicide), a montré que la formulation commerciale à base de glyphosate (Roundup) déclenche des cirrhoses non alcooliques chez le rat à de très faibles doses dexposition journalière.

4. Les constatations selon lesquelles le glyphosate et ses formulations commerciales pourraient être des perturbateurs endocriniens, impliquent que les études de longue durée sur les animaux menées par les industriels sont inadéquates. Ces études sont menées sur des animaux adultes et ne testent pas les effets de l’exposition au glyphosate durant d’importantes périodes de développement (développement fœtal, croissance).

Pourtant, les hormones sont des régulateurs vitaux du développement. Un déréglement hormonal minime au début de la vie peut modifier la morphologie et le fonctionnement d’organes pour le reste de l’existence, et peut entraîner par la suite des maladies comme des cancers ou des dysfonctionnements de l’appareil reproducteur chez l’adulte.

5. Les formulations commerciales d’herbicides à base de glyphosate contiennent des additifs (adjuvants), qui sont toxiques en soi et/ou augmentent la toxicité du glyphosate (Co-Formulants in Glyphosate-Based Herbicides Disrupt Aromatase Activity in Human Cells below Toxic Levels). Des doses de sécurité sont fixées pour le glyphosate isolément, mais l’ensemble des adjuvants, qui sont généralement toxiques, ne sont jamais testées pour déterminer les synergies toxiques à long terme.

Des études chez le rat confirment que la formulation complète d’herbicide à base de glyphosate, est toxique à des concentrations jugées sûres par les responsables de la réglementation pour le glyphosate seul (Teratogenic Effects of Glyphosate-Based Herbicides: Divergence of Regulatory Decisions from Scientific Evidence, Prepubertal exposure to commercial formulation of the herbicide glyphosate alters testosterone levels and testicular morphology).

D’autres études sur l’alimentation des porcs (Comparative effects of the formulation of glyphosate-surfactant herbicides on hemodynamics in swine) et des rats (The oral and intratracheal toxicities of ROUNDUP and its components to rats), comparant la toxicité du glyphosate seul et celle des formulations commerciales, ont révélé que les «cocktails» glyphosate+adjuvants des formulations commerciales étaient les plus toxiques.

6. Concernant le glyphosate seul, une étude a révélé des effets toxiques, notamment des anomalies congénitales (Teratogenic Effects of Glyphosate-Based Herbicides: Divergence of Regulatory Decisions from Scientific Evidence), en dessous des niveaux de sa DJA, mais ces résultats ont été ignorés ou rejetés par les régulateurs.

7. D’autres études indépendantes ont révélé les effets toxiques du glyphosate et de ses formulations commerciales à des niveaux de contamination que l’on retrouve dans les milieux naturels. Cette toxicité n’a jamais été testée par les organismes de réglementation à ces concentrations de glyphosate et d’adjuvants. Les effets de cette toxicité se concentrent sur un stress oxydatif du foie et des reins (Effects of sub-lethal exposure of rats to the herbicide glyphosate in drinking water: glutathione transferase enzyme activities, levels of reduced glutathione and lipid peroxidation in liver, kidneys and small intestine)(Long-term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerantgenetically modified maize) et les effets perturbateurs du système endocrinien (Glyphosate induces human breast cancer cells growth via estrogen receptors).

Le glyphosate, qui a été déclaré aussi sûr que le sel de table (Monsanto Recruits the Horticulturist of the San Diego Zoo to Pitch Its Popular Herbicide,” New York Times, May 29, 1997) (Is glyphosate toxic to humans?, biofortified.org) pendant plus de 40 ans, a été reclassé comme cancérogène probable par l’Organisation Mondiale de la Santé en 2015 (Carcinogenicity of tetrachlorvinphos, parathion, malathion, diazinon, and glyphosate).

 

Pour résumer:

Le glyphosate n’a jamais été testé pendant des périodes sensibles de la vie (comme le développement fœtal) à des concentrations que l’on retrouve dans l’environnement. De plus, ses différentes formulations commerciales n’ont jamais été testées sur l’animal pendant de longues périodes (plus de deux ans). Nous pouvons en conclure que les doutes sur la validité de la Dose Journalière Admissible du glyphosate (DJA), sont plus que légitimes.

 

 

Pour aller plus loin sur le même sujet:

  1. Il est toujours bon de booster son système immunitaire, d’autant plus si on soupçonne d’avoir été exposé au glyphosate.
  2. Détoxifier son foie: le filtre de l’organisme: pourquoi, comment.
  3. Comment éliminer une source de contamination majeure: filtrer son eau du robinet.
  4. Alternatives au glyphosate pour le potager: Les toiles de paillage.
  5. Alternatives au glyphosate pour le désherbage: les brûleurs thermiques.
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