Effets environnementaux des herbicide à base de glyphosate (2/2).

Pulvérisation de glyphosate sur culture de maïs.

 

Effets environnementaux du glyphosate

 

Le glyphosate est un contaminant environnemental répandu que l’on trouve dans les sols et les sédiments, une vaste gamme de plans d’eau de surface, les eaux souterraines et le milieu marin.

Devenir du glyphosate dans les sols

Des résidus de glyphosate ont été retrouvés dans les sols jusqu'à 3 ans après application.

Des résidus de glyphosate ont été retrouvés dans les sols jusqu’à 3 ans après application.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) décrit la persistance du glyphosate dans le sol comme étant faible à très élevée, et celle de l’un de ses résidus de dégradation: l’acide amino méthyl phosphonique (AMPA), comme étant modérée à très élevée. La demi-vie variant de moins d’une semaine à plus d’un an et demi, selon l’importance de la liaison au sol et de la dégradation microbienne (le glyphosate étant décomposé par dégradation microbienne).

Des résidus ont été retrouvés jusqu’à 3 ans après application dans des climats froids. Glyphosate et AMPA sont moins persistants dans les climats plus chauds, avec une demi-vie comprise entre 4 et 180 jours. Le glyphosate se lie aux particules du sol, et on croyait autrefois que cela signifiait qu’il n’est plus biologiquement actif dans le sol et qu’il ne s’infiltrerait pas dans les eaux souterraines. Cependant, on sait maintenant qu’il peut facilement se détacher de nouveau des particules du sol, être absorbé par les plantes ou être éliminé par lessivage, ce qui implique un risque accru de contamination des eaux souterraines.

Les engrais phosphatés réduisent la fixation du glyphosate aux particules du sol et augmentent ainsi la quantité de glyphosate libre restant dans le sol, qui est disponible pour l’absorption par les racines, le métabolisme microbien et son lessivage par les eaux d’infiltration jusque dans les eaux souterraines (le risque de lessivage étant plus élevé dans les sols fertilisés).

Inversement, la présence de glyphosate dans certains sols peut réduire la rétention et la bio-disponibilité de phosphate, réduisant ainsi la fertilité du sol.

Devenir du glyphosate dans les milieux aquatiques

Le glyphosate est soluble dans l’eau et se dissout lentement dans les sédiments ou les particules en suspension. Bien qu’il se décompose par la lumière et dégradation microbienne, il peut persister plusieurs mois dans un environnement aquatique, avec une demi-vie de près de 5 mois, et être encore après plus d 1 an dans les sédiments lacustres.

Le glyphosate peut persister plusieurs mois dans les environnements aquatiques.

Le glyphosate peut persister plusieurs mois dans les environnements aquatiques.

Des résidus de glyphosate ont été trouvés dans un large échantillon de fossés, drains, cours d’eau, rivières, étangs, lacs et zones humides dans de nombreux pays: l’Argentine, le Canada, la Chine, dans toute l’Europe, la Norvège, les États-Unis et le Royaume-Uni; dans les eaux usées en France et au Canada, les eaux d’écoulement au Royaume-Uni. L’épandage de glyphosate en bordure de routes et de voies ferrées contribue de manière significative à cette contamination, avec la présence de résidus dans les boues des stations d’épuration. La contamination des eaux stagnantes qui disparaissent par temps sec – est une menace pour les amphibiens, pour lesquels ces espaces humides sont essentiels.

Des résidus ont également été trouvés dans les eaux souterraines au Canada, en Autriche, en Belgique, au Danemark, en Allemagne, en Irlande, en Espagne, en Suède, en Suisse, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, au Sri Lanka et aux États-Unis. Ils ont été détectés dans l’environnement marin au large de la côte atlantique de la France et dans les sédiments marins en Nouvelle-Zélande, dont on pense qu’ils proviennent en grande partie de l’épandage de glyphosate en bordure de route.

Bioaccumulation du glyphosate

Le facteur de bio concentration (BCF en anglais) désigne le rapport entre la concentration du composé contaminant (glyphosate ou AMPA) dans l’organisme vivant et la concentration du contaminant dans le milieu (eau, air ou sol). Ce facteur permet d’établir la bioaccumulation, qui désigne l’absorption et la concentration du polluant dans tout ou une partie de l’organisme vivant à étudier.

Si 0< facteur de bio concentration (BCF) < 1: il n’y a pas de bioaccumulation

Si 1< facteur de bio concentration (BCF): il y a bioaccumulation

L’EFSA donne pour le glyphosate un BCF de 1.2, cependant la bioaccumulation du glyphosate peut être bien plus importante, en particulier en présence de polyoxyéthylène amine (POEA). Le POEA est le tensio-actif le plus couramment ajouté au glyphosate dans les formulations commerciales.

Ainsi en présence de POEA dans le milieu aquatique, le BCF du glyphosate est très fortement augmenté. Cela peut s’expliquer par le fait que le POEA, dont on sait qu’il favorise le transport du glyphosate dans les cellules végétales, facilite également la perméabilité des cellules animales.

La bioaccumulation du glyphosate et de lˊAMPA a des conséquences néfastes sur la faune aquatique.

La bioaccumulation du glyphosate et de lˊAMPA a des conséquences néfastes sur la faune aquatique.

Un BCF de glyphosate variant entre 1,4 et 5,9 a été retrouvé dans le ver d’eau douce Lumbriculus variegatus (Bioaccumulation of glyphosate and its formulation Roundup Ultra in Lumbriculus variegatus and its effects on biotransformation and antioxidant enzymes). La bioaccumulation a également été démontrée chez les escargots terrestres, les poissons et les plantes aquatiques. Il y a aussi des suggestions de bioaccumulation dans les cellules humaines par certaines études scientifiques (Analysis of Moms Across America report suggesting bioaccumulation of glyphosate in U.S. mother’s breast milk: Implausibility based on inconsistency with available body of glyphosate animal toxicokinetic, human biomonitoring, and physico-chemical data).

Transport et dépôt atmosphériques du glyphosate

Transport aérien de particules de sols contaminés au glyphosate.

Transport aérien de particules de sols contaminés au glyphosate.

Le glyphosate et ses résidus sont dune faible volatilité et se retrouve néanmoins transportés par les vents sur de grandes distances. Il a été démontré que leur transport aérien se fait sous la forme de poussières contaminées à partir des zones d’épandage (agricoles ou autres) du glyphosate (Glyphosate and Aminomethylphosphonic acid (AMPA) contents in the respirable dust emitted by an agricultural soil of the central semiarid region of Argentina). Ces poussières contaminées pourront alors contaminer par voies respiratoires les humains et les animaux ou être lavées par les eaux de pluie (Pesticides in Mississippi air and rain: a comparison between 1995 and 2007).

Pour aller plus loin sur le même sujet:

  1. Il est toujours bon de booster son système immunitaire, d’autant plus si on soupçonne d’avoir été exposé au glyphosate.
  2. Détoxifier son foie: le filtre de l’organisme: pourquoi, comment.
  3. Comment éliminer une source de contamination majeure: filtrer son eau du robinet.
  4. Alternatives au glyphosate pour le potager: Les toiles de paillage.
  5. Alternatives au glyphosate pour le désherbage: les brûleurs thermiques.

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